Aux anciens
de Louvain-la-Neuve, ville dite sans cimetière,
qui y ont insufflé l’esprit et nous ont quittés si tôt.
« Car ceux qui ont bâti ensemble un univers se retrouveront tous ».
qui y ont insufflé l’esprit et nous ont quittés si tôt.
« Car ceux qui ont bâti ensemble un univers se retrouveront tous ».
PROLOGUE
Louvain-la-Neuve…
Nous sommes Louvain-la-Neuve. Nous sommes la ville. Nous
sommes ville. Ce livre n’est pas un ouvrage de plus sur Louvain-la-Neuve mais
enfin, après plus de 45 ans, un livre qui exprime la ville habitée, la ville
animée, et pas seulement l’histoire vue par des concepteurs et réalisateurs,
pas seulement la narration de la construction des voieries et des édifices. Il
est complémentaire des précieux textes de première main et d’abord des écrits
de Michel Woitrin, administrateur général de l’Université Catholique de
Louvain, visionnaire et pragmatique, et de Jean-Marie Lechat, son opérateur
principal, chef de patrouille devenu gardien des légendes.
Il veut exprimer un point de vue d’usagers de la ville, de
ceux qui y logent, qui y travaillent, qui y étudient, qui y passent.
Louvain-la-Neuve répond au projet audacieux de l’UCL, sur des terrains achetés
par l’Université, avec le dessein de poursuivre les objectifs d’une grande
institution nationale et internationale. Mais une fois le projet d’engendrement
mis en œuvre, et comme pour un petit humain voulu et mis en chemin par ses
parents, une fois qu’il est né ou se prépare à naitre, dès qu’il émerge, il
n’appartiendra plus jamais à ceux qui l’ont conçu. Dès que Michel Woitrin
déclare que Louvain-la-Neuve n’est pas un campus mais une ville, il doit reconnaitre
l’autonomie de ses habitants, de ses usagers, de ses citoyens, présents et à
venir.
La ville habitée
nait dès que des dizaines de personnes vivent sur le territoire urbain et même
bien avant, dès que des futurs résidents se réunissent à Leuven en l’automne
1971, constituent un petit groupe représentatif de la diversité à venir et
décident qu’ils tenteront de parler au nom de la future population de LLN. Ils
en font part aux autorités et aux services de l’UCL, et un peu plus tard au
pouvoir communal. Ils choisissent de s’appeler Conseil des Résidents. Comme il est difficile de réunir alors un
corps électoral crédible avec des personnes sur le terrain, la première rentrée
universitaire ne se fera qu’en octobre 1972, ils ne sont pas élus. Pourtant ils
sont reconnus sans grand’peine parce que l’Université tout comme la Commune
d’Ottignies ont besoin d’un groupe qui canalise l’information, centralise les
demandes d’intérêt public des futurs usagers, fasse connaitre largement les
projets de l’institution universitaire, recueille des remarques, ose des
conseils, organise la concertation, trouve des alliés locaux.
Plus tard le Conseil
des Résidents procède à des élections sur base des lieux habités et choisit
une présidente, Elisabeth Bonaert, dite Babeth, une étudiante de licence en
Sciences, logeant dans une maison communautaire, ancêtre des kots-à-projet.
L’activité de ce conseil se poursuivra à partir de 1979 sous le nouveau nom d’Association des Habitants.
Quarante-quatre ans de travail, et l’AH réunira début 2015 son Conseil
d’Administration pour la 300e fois.
Dans ce livre, on a distingué trois aspects de la ville. Pour
chacun d’eux ont été associés des correspondants en latin et en grec. La ville bâtie (urbs, ἄστυ, astu), la ville habitée (civitas, πόλις, polis) et la ville
animée, partagée, solidaire (communio, κοινωνία, koinônia). En Afrique du
Sud on parlerait d’ubuntu. Les
intervenants pour la ville bâtie sont
le plus souvent l’UCL, des promoteurs et des propriétaires. Pour la ville citoyenne les pouvoirs publics
(Commune d’Ottignies-Louvain-la-Neuve et Région Wallonne) sont la référence.
J’attribue au mouvement associatif, et significativement à l’Association des Habitants, des responsabilités vitales pour le 3e
aspect. Mais c’est aussi la tâche des religions et autres convictions, du non
marchand autour de la famille, de l’intergénérationnel, du sport, de la
culture, et d’autres entreprises utiles pour la vie en société.
Quand on parlera d’habiter
et d’habitants, il ne sera pas
question seulement des résidents permanents voire domiciliés. Ces termes
doivent être pris dans leur extension la plus large. Leur origine latine, habitare, est un fréquentatif de habere (avoir, posséder). Habiter c’est
marquer la possession, l’appartenance, le lien local dans la durée. Habiter en
logeant, en travaillant, en étudiant.
…au temps…
À chacun son temps. Un ancien doyen de la Faculté des
Sciences me disait : « pourquoi vous préoccuper des étudiants ?
Nous devons être comme un pont sur la rivière, la rivière coule, le pont
demeure ».
Bien sûr les enseignants, à quelque niveau qu’ils
travaillent, restent à Louvain-la-Neuve plus d’années que leurs étudiants. Mais
un étudiant fait un parcours complet souvent en 5 ans, une bonne tranche de vie
humaine. Dès le début de notre ville nous avons voulu considérer avec intérêt,
l’usage de l’étudiant, du chercheur comme de l’enseignant, du locataire comme
du propriétaire, … et aussi celui du visiteur, du client, de l’auditeur de
conférence, du passant. L’investissement personnel est différent mais enrichit
la ville entière.
Pour chacun le temps est bien court. Des humains arrivent et
s’en vont brusquement. Quelque chose demeure : le « milieu de
vie » qui sans cesse évolue. Ce livre s’attache particulièrement à une
décennie de ce bouillon de culture, de cette soupe originelle, du milieu de vie
« universitaire ».
Il fait partie de l’environnement créé par l’UCL. Si l’UCL s’assigne
deux missions essentielles, l’enseignement
et la recherche, si plus récemment
elle est davantage attentive à une troisième mission de services dans la société, elle se trouve aussi devant une quatrième
mission : celle de favoriser un milieu
de vie pour ses suppôts, étudiants et membres du personnel, et plus
largement pour ses voisins et participants occasionnels à des activités. Dans
les années 60 et un peu auparavant elle a répondu de mieux en mieux aux besoins
culturels et sociaux croissants, dans la ville de Louvain-Leuven qui se fermait
graduellement aux francophones. À Leuven, sous l’impulsion de Jean-Louis Luxen
et de plusieurs membres de son entourage l’administration du secteur
socio-culturel a été un opérateur efficace dans un milieu de vie que l’on
espérait à la fois autonome et budgétairement équilibré. Ce travail a favorisé
le développement des maisons communautaires, ancêtres inventives des
kots-à-projet. À Louvain-la-Neuve le milieu de vie se trouve immergé dans un
environnement francophone.
Si l’on veut faire l’histoire de cette cohabitation avec des
projets communs, il faut la raconter sur plusieurs décennies. Ce livre couvre
le milieu de vie UCL durant les 60 dernières années. Il décrit de façon plus
précise la période 70-75 (en usant du présent
historique). Pour quelques thèmes,
comme les maisons communautaires et les kots-à-projet (KAPs) il remonte au
milieu des années 50 (à l’imparfait,
au passé simple ou composé). Il évoque aussi brièvement la
situation présente (au futur antérieur
par rapport au début de LLN).
Quelle est ma relation au temps ? Pas celle de
l’historien professionnel. Même si j’offre à la discipline historique des
rapports de faits, des documents datés, des témoignages vérifiés. Pas celle du
chroniqueur de la vie quotidienne. Ma peau est celle du mémorialiste. Ramassant
les rapports de réunions, rappelant les usages, rassemblant souvenirs,
témoignages et documents. En confrontant au fur et à mesure de l’écriture le
mémoire à la mémoire. En terminant ce livre je suis devenu inquiet, vérifiant
plusieurs fois une date, l’orthographe d’un nom, cherchant à confronter mes
souvenirs aux narrations d’autres témoins. Et pour des faits dont je suis
devenu le dernier témoin oculaire et auriculaire, je scrute mon honnêteté et je
ne rédige qu’après tenté de me prouver que je ne me trompais pas. Oui, le
Conseil des Résidents a bien été initié par Manu Lousberg et moi-même à
l’automne 1971 et s’est manifesté clairement le 21 novembre 1971 dans une
rencontre avec l’UCL.
Par contre j’ai raconté pendant des années, en toute bonne
foi, que dans les premiers temps une bande de petits gosses était entrée dans
mon studio en demandant « Un docteur, vite un docteur ! ». Un
autre est arrivé et a dit « On n’a plus besoin d’un docteur, on a trouvé
ce quele questionnaire demandait : c’est le pouce, l’index, le majeur,
l’annulaire et l’auriculaire ». En relisant mes archives j’ai constaté que
les faits s’étaient passés sur la Place Galilée et qu’au cours du temps ils
avaient grimpé deux étages.
Ce livre n’est pas une autobiographie même si je reconnais
que c’est un regard singulier qui n’est pas commun à tous les résidents de ces
années-là. En regroupant mes récits dans quelques grandes utopies j’exprime
surtout le sentiment de ceux qui sont arrivés à Louvain-la-Neuve avec de grands
rêves. Le mémorialiste dit une vérité sur une époque qu’il a personnellement traversée.
…des Pionniers.
Le nom de pionniers nous allait comme un gant, ou comme une
botte. Les livres écrits précédemment parlent peu de la vie quotidienne des
débuts sinon pour rappeler qu’il y avait au milieu des travaux d’étranges
humanoïdes se déplaçant gainés de bottes dans la gadoue. Peut-être insistait-on
sur le mot pionniers pour annoncer qu’après eux il y aurait les colons.
Pionniers pourquoi pas ? Les pionniers : des
fantassins, des piétons, des terrassiers, des défricheurs, … des scouts, des
membres de jeunesses communistes… et aussi des explorateurs de nouveaux modes
de vie. Mais le pionnier est aussi le peon, exploité de l’Amérique latine, le
pion qu’on manipule par un jeu de ficelles, le jeune surveillant de cour de
récréation.
Tel le pion du jeu d’échec il engage l’ouverture, occupe le
champ, sait se sacrifier, et en fin de partie il emporte parfois le jeu. Il va
« à dame » à moins qu’il ne préfère devenir fou, tour ou cavalier.
Les pions font-ils le jeu ou sont-ils manipulés entre pouce et index ?
Avant les pionniers, il y eut des éclaireurs dans l’actuel
Parc de la Source : la famille Jongen. Yves était une cheville ouvrière de
la construction du cyclotron. Thérèse, mère de famille, allait s’impliquer dans
la politique communale. Au même moment Emmanuel Lousberg, professeur de Génie
Civil testait les matériaux de la ville dans un petit bâtiment cubique au nord
du chantier. L’esprit pionnier s’est développé dès que quelques dizaines de
personnes ont commencé à s’établir définitivement sur le site, à partir du mois
d’août 1972.
Nos…
Ce texte est souvent écrit à la 3e personne, à la
place d’un tiers avec des il, des ils, des on. Sur base de documents écrits et de témoignages recoupés il
recherche l’objectivité et veut être une référence pour l’histoire. Mais c’est
aussi un récit vécu, avec des je et
des nous. Peut-être même des tu. C’est un point de vue d’habitants,
d’usagers qui ont ressenti la ville naissante de l’intérieur.
[je vais peut-être développer un peu quand le livre sera
presque terminé]
…Utopies réalisables…
fait écho au livre de Yona Friedman, (UGE, Paris, 1975) une
des Bibles des pionniers. Ce thème de l’Utopie a été réveillé par la KU Leuven
(Katholieke Universiteit Leuven) et l’UCL qui se sont souvenues de la
publication en 1516, il y aura bientôt 500 ans, de l’Utopia de Thomas More, soutenu par Érasme. Le livre fut édité à
Leuven-Louvain par Dirk Martens (Thierry Martens). Il devait servir de cadeau
d’étrennes pour la Nouvel-An 1517. Une grande vague de projets académiques
inondera les deux universités sœurs. Même s’il est produit clairement en dehors
du monde académique, ce livre-ci représente un apport de la ville habitée et animée qui se reconnait
ville universitaire. Le plan initial
était plus chronologique. Il a été profondément remanié pour entrer en
résonance avec le travail académique. Aux « utopies pour le temps
présent » animées par l’UCL, et particulièrement Philippe Van Parijs et
Charles-Henri Nyns, répond ce texte sur les utopies fondatrices de la ville
dans les années 70.
…des années 70.
Pour les gens de ma génération, cette décennie est la fin
d’une époque. Avec la crise pétrolière de 1973 s’annonce la fin des
« Trente Glorieuses ». Une période de croissance économique mais sans
doute aussi d’aveuglement collectif.
Beaucoup d’universitaires de ce temps avaient vécu la guerre
1940-1945 et l’immédiate après-guerre. Après le fol accueil de la Libération
par les Alliés, les craintes de l’offensive des Ardennes (« ils
reviennent ») la Belgique s’est lancée dans la reconstruction. Parfois
seulement de grosses réparations car l’appareil de production n’avait pas été
totalement détruit. L’industrie redémarrera assez vite mais avec du vieux
matériel. Il y avait surtout la volonté de se réconcilier sans tarder avec les ennemis
d’hier pour ne pas refaire comme après 1914-1918 et son slogan suicidaire
« L’Allemagne paiera ».
Il y avait tout de même une volonté, déjà utopique, de
renouveler les relations sociales. Il y eut le développement de la sécurité
sociale. L’après-guerre a été marquée par une relative démocratisation des
études. Dans mon école paroissiale, dans les années 40, beaucoup d’élèves n’arrivaient
pas au bout de l’école primaire, l’école se terminait parfois par un 4e
degré, voie sans issue. Certains se risquaient dans 3 ans de
« moyennes » et pour quelques-uns qui pouvaient disposer de bourses
d’études, la méritocratie ouvrait la voie des « humanités ». Dans mon
école paroissiale on faisait des « primaires », au Collège
Saint-Michel on faisait des « préparatoires » avec un parcours
numéroté de 12 à 1, en sautant parfois une classe. Au fur et à mesure des années
50, grâce à des lois scolaires, le chemin vers l’Université s’était entrouvert.
Sans doute l’Exposition Universelle de Bruxelles en 1958
marqua davantage le temps de l’après-guerre, au cœur des Trente Glorieuses. Je
ne suis pas un soixante-huitard je suis un « cinquante-huitard ». À l’Expo
de Bruxelles sur le plateau du Heysel, du 17 avril au 19 octobre, ce fut la
découverte des pays du monde, la Laterna Magika des artistes pragois, le point
sur la Science à travers le Palais 5 (Paul Danblon, vous partagez mon sentiment
sur ce pavillon que tu aurais voulu conserver), le soupçon que tous les
bâtiments consacrés au Congo et au Ruanda-Urundi annonçaient la décolonisation.
Ceux qui ont visité longuement l’expo 58 ont entrevu le monde dans lequel ils
allaient vivre. Des taquins verront dans Louvain-la-Neuve naissante une version
permanente de l’éphémère « Belgique Joyeuse », quartier de
carton-pâte et de guindaille de l’Expo 58.
Dans l’Église catholique, l’avènement de Jean XXIII (Angelo
Roncalli) comme pape et l’annonce du Concile Vatican II ouvrirent un grand
espoir. Trop vite refermé.
Les années 60, années de la consommation ? Quand on n’a
rien d’autre à en dire on le résume ainsi. Consommation ? Oui bien sûr
mais surtout création. Il est difficile de refermer les fenêtres après avoir
respiré un vent de liberté.
Et 1968 ? Non. Il ne s’est rien passé à l’UCL
francophone en mai 1968. On y a vécu de près les évènements de la KUL, les cris
de « Walen buiten » mêlés au « Bourgeois buiten » Une
révolution confuse, illisible. Paul Goossens, un des grands leaders flamands,
me disait en mai 2012 qu’en virant les francophones ils avaient mis au pouvoir
la bourgeoise flamande (et bilingue). Des amis sont allés voir ce qui se
passait à Paris et à l’Université Libre de Bruxelles. Mais l’UCL opta pour la
« participation ». Pour moi l’évènement de l’année ce fut l’encyclique
Humanae Vitae le 25 juillet 1968. L’Église catholique avait raté son nouveau rendez-vous
avec la biologie, et les sciences.
Louvances
Dans mon projet personnel, ce livre est une partie d’un
projet plus large sur l’histoire du milieu de vie louvaniste. Pendant des
années j’ai utilisé en priorité la communication informatique pour parler de
Leuven et Louvain-la-Neuve ou les illustrer. Tout de même à la demande de
responsables de médias, La Revue Nouvelle, les Informations de l’Association
des Habitants, AMA, … j’avais rédigé des articles sur des sujets précis :
le 40e anniversaire, la naissance du Conseil des Résidents, l’action
de décembre 1970 pour l’accueil des étudiants étrangers, … J’avais aussi répondu
à diverses interviews. Des amis et des éditeurs m’ont convaincu de réaliser un
livre personnel, document papier, qui pourrait introduire à la mise en ligne de
documents sur le milieu de vie UCL, de 1955 à nos jours.
Ce livre sur papier, volontairement court, pour être vendu à
un prix très modique et être lu en une soirée, n’est que la face immergée d’une
communication de centaines de pages et d’écrans de documents sur Internet. J’ai
créé le mot « Louvances » comme mot-clé de cette communication sur
Leuven et LLN. « Louv- » pour évoquer en quelques lettres les deux
villes, « -ances » pour rimer avec le périodique culturel
« Brabances wallonnes » édité dès 1990 par le CCBW et en ce temps-là
Jacques Benthuys, Marie-Françoise Salmon, Jacqueline Lembourg. Un mot-clé sur
le web a plus de chance de se perpétuer qu’une adresse URL.
Ce sera un peu comme si je publiais à
la fois sur papier et sur internet. L’édition papier aura aussi son
correspondant électronique payant. Pour le canal web, et sous ma responsabilité
personnelle, j’ai déjà commencé à publier de longs documents. Les premiers
journaux de LLN seront scannés, ainsi que des tracts, des affiches et d’autres
souvenirs, provenant de mes archives personnelles ou qui me seront proposés. Le
« rapport confidentiel » aux évêques, de la Pentecôte 1971, est déjà
en ligne. Un grand nombre d’outils du web sera mis en œuvre : blogs,
réseaux sociaux, albums d’images, diapositives, …
Vos commentaires, réactions, propositions peuvent être notées ici. On peut aussi m'envoyer cela par mail à paulthielen@gmail.compaulthielen@gmail.com. Normalement je relève mes mails 3 fois par jour.
Cet article fait partie du projet de "constellation" "Louvances" autour de Leuven et LLN.
"bonnes feuilles", "Paul Thielen", "utopies réalisables", années 70, KUL, LLN, Louvain-la-Neuve, Louvance, Louvances, pionniers, UCL, utopies,
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